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Couverture du n° 31 Sentinel N°31 - Novembre 2005 (48 pages)

Dossier : L'entreprise face aux nouveaux risques
- La gestion des risques ou l’art de discerner, choisir et décider
- Introduction au dossier : les entreprises en première ligne
- Management des risques : une tour de contrôle au service des décideurs
- Anticipation et gestion de crise : des préoccupations vitales pour les entreprises
- Le rôle de l’avocat dans la gestion de crise
- Les ressources de l’Institut d’Études et de Recherche pour la Sécurité des Entreprises
- Intelligence économique et gestion de crise
- France Laredo : « Nous voulons favoriser les projets croisés entre secteurs public et privé, civil et militaire.»
- Michel Bonnet : «Le projet DEPVIR met la technologie virtuelle au service de la formation en sécurité.»
- Nicéphore Cité : acquisition de connaissances et apprentissage de gestes techniques
- Bernard Didier : « En matière de biométrie nous n’en sommes encore qu’au début de l’Histoire.»
- Christophe Naudin : « En France, la fraude identitaire frappe aussi bien l’État que les entreprises.»
- Gestion des risques environnementaux : contrainte inévitable ou facteur de développement ?

Et aussi :
- Bloc-notes de Claude Revel : À la recherche du modèle (perdu ?)
- Rapport Asie du Sud-Est : Bali II, signe d’un déclin de la Jemaah Islamiyah ?
- Thaïlande : instabilité dans le sud
- PKS : le parti islamiste indonésien
- Armement européen : l’avenir du mouvement de concentration
- le pharmacien, le stock et le “bio-bouclier”. Troisième volet de l'étude : stocks et risques nucléaires ou radiologiques
- Julien Lariège : « La Djaz’ara représente une version nationaliste et antifrançaise de l'islamisme algérien.»

Dossier : L'entreprise face aux nouveaux risques


La gestion des risques ou l’art de discerner, choisir et décider
par Emmanuel Caulier

Extrait : Spécialiste du Management des risques, discipline qu’il enseigne notamment à HEC et à l’ESCEM, Emmanuel Caulier considère que l’aspect résolument polymorphe des risques actuels exige une lecture résolument pluridisciplinaire et globalisante de ceux-ci, sans oublier le choix d’une stratégie ouverte permettant de s’adapter continuellement à l’évolution d’un environnement plus instable que jamais.

Introduction au dossier : les entreprises en première ligne
par Christophe Blanc

Extrait : En introduction d’un prochain colloque consacré à l’entreprise face à la crise, nos partenaires du HCFDC remarquaient à juste titre : “Les crises font aujourd’hui partie intégrante de notre monde. Notre société complexe et interdépendante offre des vulnérabilités inconnues jusqu’alors. Risques naturels ou technologiques majeurs, menaces de malveillance, de terrorisme ou d’hyperterrorisme : les risques et les menaces sont désormais globalisés et permanents.”
De leurs côtés, les experts auxquels nous avons donné la parole dans ce dossier surenchérissent. Pour décrire les risques menaçant les entreprises, les qualificatifs qui reviennent le plus souvent sous leurs plumes sont : “globaux”, “protéiformes”, “multidisciplinaires”, “transversaux”, “interconnectés”…
Que les entreprises soient confrontées à de multiples menaces n’est certes pas nouveau. Mais le fait que le management des risques soit devenu une discipline à part entière enseignée par les plus prestigieuses écoles françaises et internationales – comme HEC - suffit à démontrer l’importance prise par la gestion des risques dans le contexte de la mondialisation. Il n’est pas question ici de rappeler toutes les facettes de ce processus, mais seulement de constater combien il a modifié la relation des entreprises aux risques.


Management des risques : une tour de contrôle au service des décideurs
par Michel Dufourt et Guillaume Tissier

Extrait : Ruptures technologiques, catastrophes environnementales, crises financières, piratages informatiques… Les risques qui rythment le quotidien des organisations sont à la mesure de leur environnement : imprévisibles et mouvants. Dans ce contexte, les acteurs économiques sont confrontés à des exigences contradictoires : assurer leur compétitivité sur des marchés de plus en plus concurrentiels, satisfaire leurs actionnaires et répondre aux inquiétudes des opinions publiques. Le tout sous l’œil des médias capables de couvrir l’actualité en temps réel 24h/24. Comment concilier l’investisseur, le citoyen et le consommateur ? L’exercice est complexe : d’une part, parce que les limites entre ces trois catégories ont tendance à s’effacer à mesure que progressent l’épargne salariale et l’investissement socialement responsable ; d’autre part, parce que les exigences collectives d’éthique et de responsabilité forgent de nouvelles règles de comportement, pas toujours négociées ni toujours transparentes. Ce « droit mou » s’accompagne d’un renforcement considérable du pouvoir de négociation de nouveaux acteurs : ONG, groupes de pression, activistes environnementaux… dont les stratégies et les capacités d’intervention sont parfois peu connues et mal identifiées. Y compris des médias.

Anticipation et gestion de crise : des préoccupations vitales pour les entreprises
par Laurent Combalbert

Extrait : La prévention et la gestion des situations de crise qu’elles pourraient avoir à connaître, et donc à conduire, sont aujourd’hui des préoccupations croissantes pour bon nombre d’entreprises. Les menaces sont multiples, polymorphes et sans pitié. Il suffit de regarder l’actualité pendant quelques minutes, de lire les pages des magazines d’information, de surfer sur les sites des agences de presse pour réaliser la dimension transversale des menaces qui pèsent sur l’environnement en général et sur le monde de l’entreprise en particulier : OPA agressives, guerres concurrentielles, atteintes volontaires ou fortuites à l’image, réglementations de plus en plus draconiennes, crises sociales, criminalités, terrorisme, fanatisme. Plus rien n’est épargné au monde du business, et faire un tour d’horizon de tout ce qui menace un projet en gestation peut faire frémir même les plus téméraires.

Le rôle de l’avocat dans la gestion de crise
par Benoît Louvet

Extrait : Parler de l’intervention d'un avocat à l’occasion d’une crise pourrait au premier abord laisser penser que celle-ci a été si mal gérée par l’entreprise qu’est malheureusement venu le temps pour celle-ci et ses dirigeants de défendre leurs responsabilités respectives devant les tribunaux : responsabilité civile, contractuelle ou même responsabilité pénale des mandataires sociaux, voire des membres de la cellule de crise non plus ès qualités, mais à titre strictement personnel dans des cas extrêmes. Si comme chacun l’imagine, il ne s’agit pas là d’un cas d’école, ce n’est pas et ce ne doit pas être la seule occasion d’intervention d’un avocat dans la gestion d’une crise. Bien au contraire, c’est pour prévenir une telle situation de responsabilité, que l’avocat doit être présent aux côtés du management de l’entreprise pendant la crise mais également le plus en amont possible jusque dans l'élaboration de ses politiques d’anticipation : le management juridique de crise.

Les ressources de l’Institut d’Études et de Recherche pour la Sécurité des Entreprises
par Rémy Pautrat

Extrait : Je tiens d’abord à souligner que je suis particulièrement heureux de pouvoir évoquer, les activités de l’IERSE par l’intermédiaire de La Lettre Sentinel, qui s’est toujours signalée par sa grande qualité rédactionnelle, l’expertise reconnue de ses contributeurs, et qui constitue à ce titre un des partenaires privilégiés de notre Institut. L’IERSE forme des directeurs et responsables de la sécurité au profit des entreprises françaises. La formation dispensée, essentiellement pratique, accorde une large place à l'intelligence et à la sécurité économiques, à l'intelligence territoriale et à la sécurité des systèmes d'information.

Intelligence économique et gestion de crise
par Éric Delbecque

Extrait : L’intelligence économique possède deux grandes caractéristiques qui frappent particulièrement ceux qui la découvrent pour la première fois ou qui commencent à la pratiquer : il n’est pas toujours simple de la définir rapidement, et elle entretient de multiples liens avec plusieurs autres disciplines et métiers (auxquels elle emprunte des logiques et outils ou dont elle recouvre certains territoires opérationnels). C’est notamment le cas, concernant ce deuxième point, avec la gestion de crise.

France Laredo : « Nous voulons favoriser les projets croisés entre secteurs public et privé, civil et militaire.»
par propos recueillis par Christophe Blanc

Extrait : Depuis maintenant presque trois ans, la ville de Chalon-sur-Saône s’est positionnée comme un pôle de compétences majeur dans le domaine de la sécurité et de la formation à celle-ci. Désireuse de développer une véritable “filière métiers” en adéquation avec les besoins du marché et ceux des donneurs d’ordre, elle a notamment créé un Centre européen des métiers de la prévention et de la sécurité dont le développement a été confié à l’association Sécurial. Il nous a semblé intéressant de présenter, conjointement avec ses animateurs, certaines réalisations de ce projet exemplaire, notamment par sa volonté d’associer étroitement technique et pédagogie, secteurs civil et militaire, collectivités publiques et entreprises privées. Dans les pages qui suivent il sera notamment question du projet Depvir. Cet ambitieux outil de formation en gestation, réalisé pour le compte de la Base pétrolière interarmées (BPIA), est conçu comme une vaste commode modulable comportant autant de tiroirs que de besoins exprimés par les formateurs. Nul ne doute que, conformément à la volonté de ses promoteurs et concepteurs, il saura susciter, grâce à ses multiples fonctionnalités potentielles, l’intérêt de nouveaux partenaires, notamment dans le secteur civil.

Michel Bonnet : «Le projet DEPVIR met la technologie virtuelle au service de la formation en sécurité.»
par propos recueillis par France Laredo et Ch. Blanc

Extrait : Chef de la division École de la Base Pétrolière Inter-Armées (BPIA) de Chalon-sur-Saône, le Lieutenant-Colonel Bonnet accueille 2500 stagiaires chaque année. Il évoque ici le projet DEPVIR (dépôt virtuel) qui illustre les usages possibles du virtuel et de la simulation au service de la formation.

Nicéphore Cité : acquisition de connaissances et apprentissage de gestes techniques
par SECURIAL

Extrait : Située à Chalon-sur-Saône, la société d’économie mixte Nicéphore Cité, dispose d'un centre unique en France de compétences en réalité virtuelle avec le soutien de l’Agglomération chalonnaise, de la Région Bourgogne et de la Communauté Européenne. Travaillant autour des usages, et valorisant ces technologies par rapport à des problématiques métiers, Nicéphore Cité présente ici l’apport de la Réalité Virtuelle dans le domaine de la formation, en l’illustrant au travers des travaux menés autour de l’apprentissage de gestes techniques et l’acquisition de procédures dans le domaine de la sécurité incendie avec la Base Pétrolière Inter-Armées et la société PY Automation.

Bernard Didier : « En matière de biométrie nous n’en sommes encore qu’au début de l’Histoire.»
par propos recueillis par Christophe Boucher)

Extrait : Souvent décrit comme le père de la biométrie en France, Bernard Didier fonda en 1982 la société MORPHO Systèmes qui deviendra leader mondial du traitement automatique de l'empreinte digitale, avant d'être rachetée en 1993 par Sagem. Actuellement directeur scientifique et du développement des affaires de la division sécurité au sein de Sagem Défense Sécurité du Groupe SAFRAN, il évoque ici les multiples services que peut rendre la biométrie.

Christophe Naudin : « En France, la fraude identitaire frappe aussi bien l’État que les entreprises.»
par propos recueillis par Christophe Boucher

Extrait : On ne peut que constater que l’usage criminel des fausses identités explose et s’aggrave d’année en année. Changer d’identité est en effet facile dans la mesure où l’identité administrative repose encore sur un support matériel : ce sont les papiers d’identité qui fournissent l’identité d’une personne. On ne contrôle pas l’identité d’un individu mais l’authenticité du document présenté. Or on sait bien aujourd’hui que rien ne résiste aux faussaires, s’ils savent reproduire des montres de luxe, des pièces détachées automobiles ou aéronautiques, alors un bout de papier sous plastique ne peut être un réel obstacle. C’est pourquoi le support identitaire d’une personne ne doit plus être un élément matériel exogène mais la personne elle-même. L’identité patronymique n’étant pas fiable, il faut trouver d’autres alternatives et le concept d’une identité qui soit basée sur des éléments fixes, infalsifiables et immuables ne peut être obtenu que par la biométrie.

Gestion des risques environnementaux : contrainte inévitable ou facteur de développement ?
par Pierre Pech

Extrait : Le champ scientifique de l’environnement couvre deux types d’approches. La première s’intéresse aux impacts des sociétés humaines sur l’environnement terrestre. S’il paraît bien indéniable que depuis environ 10 000 ans, depuis la fin du Paléolithique, nous autres humains avons été capables de transformer considérablement voire durablement notre environnement, en aménageant des versants de montagne dans les Andes ou l’Himalaya ou des plaines et des littoraux comme en Hollande ou dans le Languedoc, la question centrale qui est posée actuellement est bien celle de l’irréversibilité ou non de certains effets de nos activités. C’est ce questionnement majeur qui justifie des programmes scientifiques comme ceux consacrés à l’érosion de la biodiversité ou encore ceux qui se penchent sur les conséquences climatiques de l’effet de serre additionnel dû aux rejets de gaz émanant surtout de la combustion de sources d’énergie fossiles (Barry and Chorley, 1987). La seconde approche concerne la vulnérabilité croissante des sociétés humaines face aux risques environnementaux. Et l’actualité est malheureusement riche en faits concrets, depuis le tsunami de décembre 2004 dans l’océan indien, qui a entraîné près de 300 000 victimes, jusqu’au récent tremblement de terre au nord du Pakistan, pour lequel on dépasse sans doute les 50 000 morts, en passant par les tempêtes tropicales qui ont ravagé l’espace caraïbe, tant à la Nouvelle Orléans que dans la péninsule mexicaine du Yucatan. Ayant rejeté toute interprétation divine au profit d’une compréhension scientifique des causalités à l’origine de ces risques environnementaux, force est de constater que l’on ne cesse de se poser la question du lien entre les faits abordés dans le cadre des deux approches : quelle est notre responsabilité dans l’apparente augmentation des catastrophes naturelles ?

Et aussi :


Bloc-notes de Claude Revel : À la recherche du modèle (perdu ?)
par Claude Revel

Extrait : En fait, pour les entreprises comme pour les États, un autre modèle pointe, le modèle éthique. Il a cela de supérieur aux précédents qu’il englobe tous les actes : on décline ainsi management éthique, finance éthique, apport d’affaires éthique… Le modèle éthique trouve sa source dans le développement durable, concept réellement novateur conçu par ses promoteurs pour répondre aux défis posés par l’interdépendance croissante des économies qui elles-mêmes produisent des effets d’échelle mondiale impossibles à traiter par chaque État. Il s’agissait dans leur esprit d’un concept politique, et c’est bien ainsi que l’entendent les organismes des Nations unies comme le Global Compact qui cherchent à le mettre en œuvre. En revanche, il est aussi devenu un objet de business fabuleux, donnant lieu à production de standards par des instituts/ONG. Ces standards deviennent des outils, des modèles, mis en œuvre en particulier par les grands cabinets souvent eux-mêmes membres de ces instituts. L’on trouve ainsi aujourd’hui des rapports tous établis sur le même modèle, des partenariats et des actions tous calculés pour entrer dans un moule identique. Rares sont les entreprises qui ont décidé d’adapter ce concept à leur culture interne.

Rapport Asie du Sud-Est : Bali II, signe d’un déclin de la Jemaah Islamiyah ?
par Antoine-A Delafoix

Extrait : Suite à l’attentat survenu à Bali le 1er octobre dernier, qui a coûté la vie à 23 personnes (dont les trois responsables des explosions) et blessés plus de 120, certains analystes pensent que cet attentat, si horrible soit-il, signe un certain déclin de la JI, tant les moyens sont loin d’être ceux qui furent utilisés lors de « Bali blast I », le 12 octobre 2002, attentat qui avait fait 202 victimes. Ainsi, il semblerait que la JI serait en pleine scission entre d’une part les partisans d’une ligne dure, regroupés sous la bannière du Thoifah Muqatilah (favorables aux actions même quand elles tuent des musulmans) et, d’autre part, ceux qui veulent « réserver » leurs actes terroristes aux kafirs occidentaux. La Thoifah Muqatilah ne serait pas une création toute récente puisqu’elle serait en fait apparue après l’arrestation de Mustofa, chef des Laskar Khos et Asykari, il y a deux ans. Il n’en demeure pas moins, en fin de compte, que ces hypothèses d’analystes ne sont pas vraiment opérantes ni d’une utilité fondamentale, puisqu’elles ne donnent pas davantage de prises réelles sur les événements, propageant juste une vague illusion dans la maîtrise du phénomène terroriste en Indonésie.

Thaïlande : instabilité dans le sud
par Antoine-A Delafoix

Extrait : Dans les trois provinces à majorité musulmanes du sud thaïlandais (Yala, Pattani, Narathiwat), en plus des attaques hebdomadaires, voire quasiment quotidiennes, mettant en cause des islamistes, la Thaïlande tout entière a été traumatisée par l’assassinat de deux soldats le 21 septembre dernier, dans le village de Ban Tanyong Limo, district de Rangae (province de Narathiwat). Alors qu’ils patrouillaient en civils le sous-lieutenant Winai et le sergent Khamthon, rattachés au 9e Bataillon d’Infanterie de Marine, ont été pris à partie par les villageois, les prenant pour les responsables d’un meurtre commis deux jours auparavant dans la région. D’abord séquestrés puis martyrisé, les militaires ont ensuite été tués par des inconnus alors que la plus grande confusion régnait dans le village. Il semblerait que les villageois aient été manipulés par des “étrangers“ au district, lesquels se seraient exfiltrés juste après leur méfait. Certains affirment que ces manipulateurs appartiendraient en fait au BRN Coordinate (Front Révolutionnaire National), un des mouvements séparatistes musulmans.

PKS : le parti islamiste indonésien
par antoine-A Delafoix

Extrait : Dans l’univers politique indonésien, le Partai Keadilan Sejahtera (PKS), le parti de la justice et de la prospérité, occupe une place stratégique depuis les dernières élections législatives. En effet, le PKS a, non seulement doubler ses scores et atteindre les 8 %, mais vu l’un des siens, Hidayat Nur Wahid, accéder à la présidence de l’assemblée consultative du peuple indonésien (MPR). Or, ce parti n’est pas un parti politique comme les autres, puisqu’il se considère davantage comme un mouvement de propagation des idées islamiques les plus rigoureuses. Comme le confie un des cadres du parti, Imam Nur Aziz, “le PKS est un outil et n’est pas une fin” ; “entrer au PKS, c’est embrasser un style de vie, se consacrer entièrement à la propagation des idées islamiques”. Parti de cadres, le PKS est très structuré et hiérarchisé : il y a tout d’abord les anggota Pemula (adhérents nouveaux), qui le restent généralement environ trois ou quatre ans ; il y a ensuite les anggota Muda (“jeunes” adhérents), puis les anggota Madya (adhérents “medium”), les anggota Dewasa (adhérents matures) enfin les anggota Ahli (adhérents experts).

Armement européen : l’avenir du mouvement de concentration
par Ronan Jegou

Extrait : Depuis quelques années, le secteur européen de l’armement a été marqué par un mouvement de concentration. Cette évolution est une conséquence logique de la concentration américaine qui a donné naissance à cinq grands majors au cours de la dernière décennie : Boeing, General Dynamics, Lockheed-Martin, Northrop-Grumman et Raytheon. Mais la situation en Europe n’a pas été uniquement motivée par la concurrence américaine. Elle évolue également en fonction des intérêts des États qui recherchent une place dominante dans la politique européenne de l’armement de demain. Trois grandes compagnies européennes émergent aujourd’hui : EADS dans le secteur de l’aéronautique, MDBA dans le secteur des missiles, Thalès dans celui de l’électronique.

le pharmacien, le stock et le “bio-bouclier”. Troisième volet de l'étude : stocks et risques nucléaires ou radiologiques
par Patrick Barriot

Extrait : Dysfonctionnement accidentel ou criminel d’un réacteur nucléaire, dispersion de radioéléments, attentat terroriste au moyen d’une « bombe sale »… Le risque NR (nucléaire et radiologique) ne doit pas être sous-estimé et la protection des populations civiles nécessite, entre autres, le stockage de médicaments permettant de traiter de nombreux cas de contamination interne. Le traitement de la contamination interne fait appel à des thérapeutiques spécifiques visant à réduire la période effective des radioéléments ayant pu pénétrer dans l’organisme. Le traitement est d’autant plus efficace qu’il est instauré précocement, le plus souvent sur simple suspicion. En France, les principaux médicaments permettant de traiter une contamination interne (iodure de potassium, DTPA, bleu DI) sont produits par la Pharmacie Centrale des Armées (PCA).

Julien Lariège : « La Djaz’ara représente une version nationaliste et antifrançaise de l'islamisme algérien.»
par propos recueillis par Christophe Blanc

Extrait : Spécialiste de l’islamisme et du Maghreb, Julien Lariège publie un ouvrage extrêmement documenté sur la Djaz’ara, un mouvement islamiste original et paradoxalement peu connu des Européens alors que nombre de ses membres ont été très actifs en Europe, en marge des événements qui ont secoué l’Algérie depuis la dissolution du FIS : "La Djaz’ara, terme signifiant littéralement « algérianiste », est un mouvement polymorphe dont les structures et les modes d’action ont considérablement évolué au fil des événements tumultueux qui se sont produits en Algérie ces trente dernières années. Il s’agit à l’origine d’une société de pensée qui se mue, au milieu des années 1970, en société secrète appelée Mouvement pour le renouveau civilisationnel. Ses membres, d’un niveau intellectuel élevé, sont animés par un double objectif : contrecarrer l’emprise intellectuelle et politique croissante des frères musulmans et pratiquer l’entrisme dans les structures de pouvoir pour imposer un État islamique. "

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