|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Note d'analyse Sentinel :
L'Arabie saoudite n'est pas au bord du chaos L'attaque contre le consulat des Etats-Unis à Djedda, le 6 décembre, est survenue après six mois d'une relative tranquillité. Cette attaque démontre que si les efforts du gouvernement saoudien contre les groupes terroristes ont commencé à porter leurs fruits en portant des coups sévères à ces groupuscules, ceux-ci conservent une certaine capacité de nuisance. Toutefois, la rapidité avec laquelle les forces de sécurité ont réagi est un signe positif du renforcement de l'efficacité de l'appareil sécuritaire du Royaume. Il est clair que les unités spécialisées de la police et de l'armée ont fait d'énormes progrès et elles sont désormais en mesure de faire face aux actions désespérées de fanatiques minoritaires qui sont rejetés par la population. En effet, la majorité des Saoudiens condamne les attentats terroristes tout en constatant que leur apparition a coïncidé avec l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, lesquels ont créé dans ce pays un foyer du terrorisme international menaçant de contaminer tous les Etats voisins. Le fait qu'une fois encore les attaques aient visé des intérêts états-uniens montre que, loin d'avoir juguler un terrorisme qui n'existait pas dans la région avant l'invasion de l'Irak, les Etats-Unis ont ouvert une dangereuse boite de Pandore et suscité une haine considérable à leur égard. Il est constant que les groupes terroristes tentent de profiter du ressentiment anti-américain et se gardent de porter atteinte aux citoyens saoudiens ou même au pouvoir royal tant ils savent que la population est attachée à l'ordre et à la stabilité du Royaume et refuse toute aventure extrémiste. Si tant est que ces groupes aient une stratégie anti-gouvernementale, il faut bien admettre que celle-ci est un échec car la population saoudienne reste solidaire et unie derrière la monarchie. Plus encore, elle soutient les efforts du gouvernement pour combattre l'extrémisme et rejette le terrorisme sous toutes ses formes. Par ailleurs, nous avons constaté, lors d'une récente visite en Arabie saoudite, que si les Saoudiens désapprouvent massivement la politique des Etats-Unis au Proche-Orient, ils ne manifestent aucun sentiment de xénophobie contre les Occidentaux. Faisant écho au Prince Héritier Abdallah qui a appelé les dirigeants religieux à mettre les fidèles en garde contre les dérives terroristes qui constituent une déviation de l'Islam, le Prince Sultan Bin Abel Aziz, ministre de la défense, a déclaré que les citoyens du Royaume n'accepteront jamais " l'aventurisme extrémiste qui pourrait porter atteintes aux intérêts vitaux du pays aussi bien sur le plan économique que diplomatique ". Selon le Prince Sultan " les organisations terroristes ont profité de l'ignorance de certains jeunes des véritables principes de l'Islam et du détournement de la religion à des fins condamnables. Il appartient aux responsables religieux de continuer à mettre en garde les gens contre ces déviations qui nuisent à L'Islam lui-même ". Contrairement à certaines analyses alarmistes, il faut souligner que les agitateurs terroristes, qui ne semblent pas avoir aucune idéologie précise, sont très isolés au sein du pays et ne bénéficient d'aucun soutien significatif parmi la population. Il ressort d'une étude objective de la situation que l'Arabie saoudite n'est pas au bord du chaos. Au contraire, les Saoudiens ont resserré les rangs et approuvent les efforts du gouvernement en vue de renforcer le sentiment de l'unité nationale et mettre en place un programme de réformes qui devrait consolider et moderniser la société saoudienne. Charles Saint-Prot
Directeur de l'Observatoire d'études géopolitiques (OEG) Rédacteur en chef de la revue Etudes géopolitiques Pour en savoir plus sur l'Arabie saoudite cf. Etudes géopolitiques n°3 " L'Arabie saoudite à l'épreuve des temps modernes ", sous la direction de Charles Saint-Prot et Zeina el Tibi ( éditions Idlivre, diffusion en librairie ou OEG, 36 rue Scheffer, 75116 Paris, 208 pages, 18 euros port compris) © Sentinel, analyses et solutions |
Sentinel N°48 Internet, jeux d'argent et criminalité organisée - Internet et jeux d’argent : le nouveau défi des établissements de crédit face à la cybercriminalité > - Paris et jeux d’argent, sous la constante menace du crime organisé > Et aussi : - Vente d’avions chinois à l’Iran : un nouveau test pour l’occident ? > - Les causes économiques et sociales de la stabilité politique en Russie > - Sécurité et mobilités : un nouveau défi pour les entreprises ? > - Lutte antiterroriste : Détection cynophile et capacités mémo-sensorielles : le retour aux sources > - Des financiers de la terreur dans l’entourage d’Erdogan ? > - Lectures stratégiques > - Al-Qaida, l’Afrique et le terrorisme du désert > - Confidentiels > |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||